Ndono bi, ou l’héritage (partie 1)

Quand la mort survient, bien des choses trouvent nid au cœur de la famille. Les rivalités apparaissent, les rancœurs et les haines, longtemps assourdies par le poids de la bienséance, submergent les âmes. Et la question de l’héritage «Ndono bi» restera-t’elle dès lors redoutable? Maaba a dix ans quand son père meurt, après des années de galère, il réussit, fonde sa famille. Mais que lui réserve le sort?

Maaba, mon père, c’est ce qu’on pourrait dire un self-made man. Il s’est construit tout seul. Issu d’une famille de déshéritée, il a grandit dans une fratrie de 10 frères et sœurs, dont 8 sœurs et 2 frères. Il est l’aîné de la famille et le seul homme de la tribu, car son frère Mady est mort dès ses 3 ans suite à une maladie inconnue. Ses parents ne savaient ni lire ni écrire. son père: Baaba était un agriculteur et propriétaire terrien. Et Néné sa mère? issue d’une noble famille d’avant la colonisation, elle tenait un petit commerce pour mettre gombo dans ventre de ses enfants. Mon père a grandit à Kaolack, une enfance paisible, insouciante, rythmée par l’école, les jeux avec les copains, et parfois le travail aux champs. Son monde s’arrêtait là, comme figé dans le temps, bloqué dans l’espace. Mais le jour vint, ce jour où tout devait changer et à jamais. Sa vie prenait un autre tournant.

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«Baaba est Mort, Baaba est mort!» voilà le murmure assourdissant qui le tirait de son sommeil, ce doux matin de septembre. En effet, Baaba est mort là, sur sa natte de prière, chapelet en main, à l’arrivée des premières lueurs du jour. Très vite le monde envahit la concession: sœurs, tantes, «Amdi -jamm», voisins, ils étaient là. c’est comme si tous le monde s’y attendait depuis «2 jours»! «Baaba» rendit son dernier souffle, là, à 45 ans et mon père en avait seulement 10. Mon père ne semblait pas comprendre ce qui se jouait là. Était-ce une blague, une plaisanterie de mauvais goût?  Il était dépassé. Ses yeux se tournaient vers sa mère, vers ses proches, elles étaient en larmes! Le monde s’effondrait sous leur pieds, et rien ne pouvait l’empêcher. soudain, il vit «Baaba» là, la tête…Maaba tombait sur ses genoux.

Ayant réalisé la triste nouvelle qui venait de s’abattre sur la famille, Néné fit appel aux frères de la mosquée qui réalisèrent les derniers préparatifs pour le mort. Baaba avait toujours pensé à sa mort, en bon soufi, il avait déjà un linceul prêt dans sa chambre, au cas où. Son testament était prêt à l’avance, comme il savait que la mort pouvait le cueillir en tout lieu, moment et instant. Son seul vœu? être enterré le jour de sa mort, récital de coran et prières sur le prophète (sws) durant les 40 jours de veuvage. Rien d’autres, pas d’histoires, pas de cérémonies, rien! Cependant son seul vœu allait-il être accepté, maintenant qu’il était mort et sans voix?

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